lundi 20 novembre 2017

Paix des familles et CNV

Aujourd'hui, je n'avais plus envie de conflits familiaux, ni avec Judith et les kids (Voodoofamily) que j'aime par dessus tout, ni avec mes beaux-parents, et surtout, ni avec ma mère et mes sœurs. 
Je ne vais pas passer ma vie à leur faire ces procès qui ne mènent à rien. Ou, plutôt, qui n'apportent rien d'autre chez moi qu'une certaine rumination en nourrissant une aigreur permanente. D'autant plus que j'ai maintenant la certitude que chacun (et chacune) a vraiment fait de son mieux avec ce qu'il avait, avec sa propre histoire personnelle.

Même si j'ai encore beaucoup de chemin à parcourir, la Communication Non Violente et la méditation m'ont appris que nos vies ne sont que ce que nous en faisons et que, parce que cela empêche de grandir, ressasser le passé est (comme la fumée) toxique pour soi et pour son entourage.


 

vendredi 1 septembre 2017

Bye bye C3R :

Après 2 années de test, de soins et surtout de réflexion, j'ai dit au revoir hier à C3R.

Je remercie ici Claire DELORME qui, par ses tests neuropsychologiques, m'a fait comprendre que mon cerveau n'était pas complètement mort, Laurent BERTHE qui m'enseigna la méditation PC, Claudine DAMOND qui m'a écouté patiemment pendant de longues heures (et qui m'offrait toujours un café), les Docteurs KASTLER, DEBREUCQ, LEINIER et GOUACHE.



Même si je n'ai pas réussi à vivre sans médicament, l'équipe m'a permis de faire un point sur la pathologie schizoïde et de faire de vrais choix de vie. Aujourd'hui,  surement parce que j'accepte les neuroleptiques, une certaine sérénité à gagner le foyer et les choses se présentent sous de nouveaux hospices (je ne sais pas encore si ce sont les meilleurs).

So long & bye bye ...

mercredi 30 août 2017

Test amusant:

Pour vous rendre compte de la stigmatisation (consciente ou non) vis à vis de la maladie mentale, voici une expérience amusante :

Dans une réunion publique comme, par exemple, un vernissage, quand vous rencontrez d'autres personnes jusqu'à là inconnues et  que la discussion devient courtoise et sympathique, lâchez un : « En fait, je suis schizophrène ... » et observez, alors, la réaction de ces personnes pourtant si courtoises et si sympathiques ...

... en général, c'est un très bon moyen pour faire le vide autour de soi.

dimanche 14 mai 2017

Je souffre et je ne sais même plus pourquoi.



J'ai dans mon entourage des fonctionnaires qui se sentent jalousés car ils ont la sécurités de l'emploi, des professions libérales qui se sentent jalousées car elles ont un certain prestige, des salariés du privé qui se sentent jalousés car ils ont un boulot, des chômeurs qui se sentent jalousés car ils sont (encore) indemnisés .... et même un ou deux handicapés ou invalides qui, eux, aussi se sentent jalousés car ils touchent l' A.A.H sans rien faire. Ce sont les gens de mon entourage, mes proches. Chacun vaquant à son destin, s'en sortant avec plus ou moins de bonheur quand il faut vivre tout simplement.
Au milieu de ce bordel, je tente de sortir la tête hors de l'eau, d'être un bon mari, d'être un bon papa, de ne pas sombrer dans la dépression, de sourire, de faire le con, l'amuseur .... mais, 
On dit que les clowns sont les gens les plus désespérés ... et je crois que c'est vrai.
Quand mon copain l'herboriste dit HP, il ne me pense pas hopital psychiatrique mais haut potentiel. Il me parle de sentiments et d'émotions qui seraient une force. Pourtant, avant du recul, il me semble que mon hypersensibilité n'a généré que beaucoup de problèmes. La révolte de ma jeunesse s'est peu à peu transformée en aigreur, en renoncement.



Il y a d'abord eu cette incompréhension familiale qui est à l'origine de la première hospitalisation. Cette immersion maternelle dans mon intimité la plus profonde. Le non respect du jeune homme que j'étais et le manque de confiance de mes parents. Les gens de Palo Alto appellent cela la Double Contrainte: Comment faire plaisir à papa et maman en devenant l'homme que je rêvais de devenir ?
Mission impossible !
Foirage complet qui amena mes parents à me confier aux psychiatres ou dysfonctionnement de mon cerveau ? (Je n'ai pas encore la réponse).
Longtemps, j'ai gardé la souffrance liée à ce manque de compréhension familiale initial comme un incicatrisable stigmate.
Le travail en milieu non protégé (dans le nucléaire civil !!!) pendant une trentaine d'année ne m'a jamais aidé à me sentir mieux, bien au contraire. Il était extrêmement idiot de penser que le monde de l'entreprise et ses contraintes aurait pu m'aider à aller mieux.

                                   Depuis ce mois de mars 2017, je suis en invalidité.

samedi 4 février 2017

Weekend délirant

Le samedi 4 février et le dimanche 5, mon cerveau est comme déconnecté.

Je ne sais pas si cela vient de la reprise de fortes doses d'Aripiprazole (générique de l'Abilify - 30 mg) mais pendant 2 jours, je suis comme inconscient et délire beaucoup.
Comme je devais pas mal les gonfler, les infirmières et infirmiers ont choisi de m'enfermer dans ma chambre. Je me rappelle aussi avoir râlé car ils m’administraient 30 mg matin, midi et soir au lieu des 30/0/0. Mais quelle est la part du délire ? 

Aujourd'hui, je ne sais toujours pas ce qui a été réel et ce qui a été "déliré". De cette période, il ne subsiste que des sorte de "songes" tellement marquants, qu'ils sont devenu plus ou moins la (ma) réalité.

Même s'il y avait dans mon esprit une forte distorsion du temps et de la position géographique, contrairement à un rêve, le souvenir de ces 2 jours de délire persiste et s’intègre, par taches floues, dans la réalité de mon vécu, comme le font les souvenirs. Il m'est pratiquement impossible de trier ce qui est une pure projection de mon cortex délirant et ce qui s'est réellement passé pendant ce weekend-là à l’hôpital psychiatrique de Bassens.

Il y avait tout un délire avec la mort, un déplacement de ma conscience dans le cosmos, un fil d'Ariane perdu et retrouvé par les larmes de ma fille Marilou et où je ressuscitais ce samedi après-midi dans la chambre de l'hôpital et dans un autre délire.
Judith était donc venue me rendre visite l'après-midi avec les enfants et j'avais réussi à la convaincre de l'imminence de la fin du monde. Un Agamemnon, par basculement des pôles et une vague submersive, auquel, nous échappions juste après ma fugue de la clinique ce samedi soir et grâce à un refuge dans la montagne ....Nous créions ensuite une nouvelle civilisation (assez mégalo, à y réfléchir, ce songe).

Bien sûr personne n'est venu me visiter ce samedi et ce dimanche-là. 



vendredi 3 février 2017

Il fait très froid et je vais de plus en plus mal

Ce début janvier 2017 est très froid à Grenoble. L'atelier est impraticable car il n'y a qu'un ou deux degrés de différence avec l'extérieur. Mes seules sorties sont dédiées à mes rendez-vous à C3R (psychologue et cours de méditation). J'ai également l'impression que la pleine conscience me prive de projets, de projection dans le futur.
Malgré cela, je m'éparpille et il me semble que je vais dans tous les sens à la fois. Je ne reconnais pas - ou plutôt fait semblant de ne pas reconnaître - les symptômes de la maladie qui reviennent.  Pourtant, je téléphone au Docteur SECHIER pour un rendez-vous dès que possible. Il doit quand même y avoir quelque chose d'inconscient en moi qui me dit que ça ne va pas.



Une inquiétante étrangeté m'envahit alors que je séjourne chez des amis savoyards et où je tente une mise au vert infructueuse pendant une courte semaine. Le vendredi 3 février 2017, je leur demande donc de me conduire à l’hôpital psychiatrique de Bassens. Je sais alors que je risque d'y passer un moment.

dimanche 8 janvier 2017

Début 2017

Je porte beaucoup d'espoirs en l'année qui commence,




mais à cause du froid, je ne sors plus tellement de l'appartement.
                                                                           Je suis toujours en arrêt maladie.

Depuis le burn-out de fin août 2015,  je ne peux plus adhérer du tout aux valeurs de Rolls Royce Civil Nuclear, société dans laquelle je travaille pourtant depuis juillet 1988; 29 ans pendant lesquelles je me suis accroché aux branches avec souvent beaucoup de souffrances et de questionnements.
Mon accès délirant, début 1990, à la centrale de Saint-Laurent-Des-Eaux était, je pense, une première décompensation liée au travail dans ce contexte de déplacements extrêmement stressants et épuisants dans les réacteurs nucléaires.


L'isolement en ce début d'année, amène, encore plus, de questionnements sur mon job et mon attachement au monstrueux lobby atomique

                                La reprise imminente  du boulot me déglingue encore plus. 

dimanche 25 décembre 2016

SCHIZOMANIES - Réécriture du blog

Je n'avais pas donné de signe de vie depuis longtemps tout au mieux quelques liens de temps en temps, je ne sais plus où j'en suis vis à vis de mon étiquette de schizophrène.

Partagé entre honte et culpabilité, ma vie entière a été modifiée par l'implacable diagnostic: " FOU ".

En admettant que ce qui nous ne nous tue pas nous rende plus fort, je n'ai jamais pu trouver d'aspects positifs à cette maladie sauf celui d'avoir développé en moi de belles ressources pour survivre en milieux hostiles.

Au moment de la première injection, il y a 31 ans, peut-être même avant, ma vie a été réécrite pour foirer de toute façon. J'ai été maltraité par les institutions, par mes supérieurs hiérarchiques, par certains de mes collègues, par mes parents, par certains qui se disaient être mes amis. J'ai surtout j'ai été maltraité dans mes sentiments et mon amour-propre.

Le personnel de la société pour laquelle je bosse va tellement mal, qu'a dû être mandatée une psychologue du travail pour gérer notre malaise professionnel. En me parlant des théories de Palo Alto et de la Double Contrainte Cécile STANER a commencé à changer ma vision sur mon propre parcours puis l'équipe de C3R a continué le boulot. Merci à eux.

Depuis, une relecture  puis une réécriture du blog entier s'imposent au regard du changement de lecture de la pathologie et (surtout) de ma manière de l'analyser.




Par honnêteté et parce que ce que j'ai écrit, je l'ai cru vrai à ce moment précis, il ne s'agira que d'une correction en rouge de mon brillant parcours en psychiatrie. Il vous faudra donc remonter le temps et le flux de ce blog pour comprendre la chose fondamentale qui m'a libéré, d'abord, de mes croyances, et ensuite de la schizophrénie.

Après un arrêt de 2 ans de tout médicament antipsychotique, le mois de février 2017 fut celui de la rechute suivie d'une brève ré-hospitalisation.

mercredi 9 novembre 2016

Ce monde parfait !

« Il faut mettre la société au service de l'école et non pas l’école au service de la société » disait Gaston BACHELARD. Pourtant, aujourd'hui, l’école nuit au développement personnel des enfants. Elle prône, de plus en plus tôt, une mise en phase avec un model unique, vise l’optimisation de la performance et laisse de moins en moins de place pour la réflexion, le sentiment et l'expression.

Juddu Krishnamurti
Formater les enfants pour en faire de bons conso-acteurs et appeler cela l’ « intégration sociale » est une supercherie: Le moule scolaire interdit toute dérive idéologique autre que celle qui prône l’ultralibéralisme à tout crin et la consommation de masse.



L'Histoire, la Philosophie, les Arts ou la Littérature ne seront bientôt plus dispensés dans les écoles car ces matières peuvent éveiller la curiosité des plus jeunes et risquent, par la suite, d'en faire de vilains réfractaires.

La différence, cette source d'inspiration et de créativité, pourtant tellement vitale pour changer ce monde en pleine déliquescence, n'est plus admise.

Les restrictions imposées aux enfants font parfois penser que l'autisme serait une réponse presque reptilienne du tout petit face à l'agression sauvage dont il est victime. Avec son classique repli vers un monde personnel meilleur, l'autisme serait, alors, le premier refuge de la conscience naissante.
Accepter ou pas un monde qui place l'argent, le pouvoir et la violence comme les plus belles des valeurs est une option de vie que l'on devrait pouvoir mûrir librement. Ce choix est pourtant interdit et est même répréhensible. Les programmes de l'Education Nationale sont obligatoires jusqu'à l'âge de 16 ans . Ne pas y adhérer est un pari dangereux où le jeune adulte insoumis risque de se voir renvoyé sur le banc de touches de manière violente et rapide.




La loi et la justice protègent la société contre ceux qui ne se conforment pas aux règles imposées par les plus puissants. La sanction la plus courante demeure l'emprisonnement mais, de tout l’arsenal juridique, les soins psychiatriques sans consentement et plus particulièrement l’hospitalisation d’office (appelée aujourd’hui « soins psychiatriques sur décision d'un représentant de l'état ») sont les plus abjects. Sous prétexte d'une déviance, ils répondent, à l’avance, et souvent arbitrairement, à une éventuelle mise en danger du système par ceux qui pourtant le constitue et pourraient même le faire évoluer demain.

« Sur le fondement d'un certificat médical circonstancié émanant d'un psychiatre, le préfet prononce par arrêté l'admission en soins psychiatriques d'une personne dont les troubles mentaux nécessitent des soins, compromettent la sûreté des personnes ou portent gravement atteinte à l'ordre public », ainsi, sans qu’aucun reproche ne puisse lui être fait, hormis celui de ne pas penser « comme il faut », les psychiatres, souvent avec l’aide de la police, se chargent du sale boulot et de la « reconduite dans le droit chemin » et de faire ré adhérer le déviant au modèle. La psychiatrie est le bras séculier des lobbies et des politicards. Elle incarcère et reprogramme les plus rebelles d'entre nous sous prétexte, qu’un jour, ils pourraient être dangereux. 


Quand le dispositif psychiatrique se referme, nous comprenons que nous venons de nous faire prendre et que notre calvaire durera jusqu’à la mort. Notre vie sera différente de celle que nous projetions et notre destin sera bouleversé.

Plus nous nous agiterons, plus nous protesterons, plus nous tenterons de nous justifier, plus violente sera notre souffrance.

De la contention aux neuroleptiques, l’arsenal barbare de la psychiatrie est vaste et puissant.
Les plus rétifs, mutilés par l'ablation d'un bout du cerveau, seront définitivement transformés en de dociles légumes. Malgré toutes les croyances, la lobotomie est toujours pratiquée. La recommandation 1235 de 1994, relative à la psychiatrie et aux droits de l’homme (Assemblée parlementaire du conseil de l’Europe) l'évoque et stipule d'ailleurs qu’elle, et la thérapie par électrochocs, peuvent être pratiquées « si le consentement éclairé a été donné par écrit par le patient lui-même ou par une personne choisie par le patient pour le représenter, un conseiller ou un curateur et si la décision a été confirmée par un comité restreint non composé uniquement d'experts psychiatriques ».




S'il faut quelques fractions de secondes, et un verre d’eau, ou le temps d'une injection, pour commencer un traitement par neuroleptiques mais, après, il sera pratiquement impossible de l'arrêter.

La rechute inévitable qu’entraînerait l'arrêt du traitement est l'une des nombreuses épées de Damoclès brandies par le personnel des hôpitaux psychiatriques. L'est aussi celui de l'instauration d’un état de pathologie chronique. Ainsi effrayé, le patient ne pourra qu'adhérer au programme de soins. Comme révélée, il y déjà longtemps, par Henri LABORIT ou Stanley MILGRAM, parler de « neuro-plasticité provoquée » pour créer la soumission n’est pas aberrant. 
La perte de confiance en soi provoquée par l'autoritarisme abusif des personnels de santé trouve ses fondements dans la peur, la menace et l’infantilisation avec tout un contingent de phrases et de gestes qui seraient presque anodins dans un autre contexte mais qui sont là autant de " micro-violences ". 
La chambre d'isolement est une brimade courante. 
La contention fait qu'à cause du manque de personnel, le patient peut se retrouver sanglé sur un lit pendant plusieurs semaines. On lui mettra une couche culotte ou une sonde urinaire et on lui injectera un produit anticoagulant chaque jour. 

La description d'un futur, de toute façon pourri, peut aussi conduire certains patients au suicide. Les psychiatres, bien sûr, diront, alors, que c'est à cause de la dépression liée à la maladie. 

Dans la société, le lien social n'existe plus. Les rapports y sont de plus en plus superficiels et les contraintes de plus en plus fortes mais c'est bien pire dans les institutions. Il y a là tellement de misère humaine et de maltraitance dans les hôpitaux psychiatriques que peu arriveront a y supporter un séjour. Le dictât des autorités est tellement illégitime qu'il ne peut être qu'abusif. 

Soit tu adhères à cette société, soit, comme tu ne peux la quitter, la psychiatrie t’en éliminera, sans aucune concession ni le moindre regret ».    

jeudi 3 novembre 2016

Méditation et schizophrénie :

Il fut une époque, récente, puisque je l'ai connue,  où les personnes suspectées d'être atteintes de maladie mentale se voyaient interdites de pratiquer méditation, sophrologie ou relaxation.

Pour le personnel de soin, la psychose aurait pu resurgir, tel un diable de sa boîte.

Chercher la guérison est pourtant empreint de moments où il convient au sujet de mieux se connaître et d'explorer les sinusoïdes de son cortex.

Même si je pratiquais de manière empirique plusieurs formes de méditations, et enfant, l'auto-hypnose. Pour ne plus mentir aux praticiens, connaissant leur opposition systématique à ces techniques, il était temps, pour moi, de prendre la chose vraiment au sérieux. 

Le 3 novembre 2016, avec l'aide de Laurent BERTHE., mon référent à C3R, je commence enfin la MÉDITATION PLEINE CONSCIENCE. 







 

samedi 30 juillet 2016

Émotion piqûre !

Le plus grand effroi de ma  vie fut celui que j'ai connu quand la police et les psychiatres m'ont enfermé et définitivement placé en marge de la société.

Les neuroleptiques sont parmi les pires des drogues car, comme la lobotomie, ils privent de toute sensation, de tout sentiment. Pourtant, ils me sont nécessaires.

La schizophrénie a ce prix.

lundi 4 janvier 2016

" Déviants " en termes sécuritaires :



Quand, dans le DSM-5, la psychiatrie abandonne les sous-types de la schizophrénie, elle globalise les troubles mentaux, et "invente" aussi des terroristes.


dimanche 14 décembre 2014

Guéri parce que différent !

Il y a très longtemps que je n'ai publié ici mais je crois que c'est le moment.

Un peu par hasard (si le hasard existe), je viens de de tomber sur une émission de France-Inter.
La partie qui nous intéressera est la seconde sur les trois (à partir de 19 minutes 20 du début).  On y entends exactement ce que je pense de ma santé. (Je ne parlerai plus jamais de maladie). De la Fondation Fondamentale (sponsorisée par Rothschild et les capitaines du capitalisme) à ceux du Collectif des 39, il y a peut-être, là, l'une des plus belles phrase qu'il ne met jamais été données d'entendre : 

"  La folie, c'est ce qui fait l'Humanité de l'Homme "

Ecoutez la 
>> 




jeudi 23 octobre 2014

Merci Yann Doornbos !


J'ai reçu très récemment, de la part de Yann Doornbos, un exemplaire dédicacé de son dernier essai. Comme expliqué dans la biographie (page 144), il y reprend quelques idées développées sur ce blog.

Merci à cet auteur plein d'avenir !



        " Les hôpitaux psychiatriques sont en crise. Personne ne s'y repose car il y a beaucoup trop de violence. Dans la « cour de récréation », les médecins semblent dépassés et ils perdent leur bienveillance avec le temps. La chimie neuroleptique passe pour une panacée aux yeux des décideurs et de l'opinion publique mais ces solutions sont très factices. Un vrai handicap pour l'esprit. Une réforme serait nécessaire mais elle n'aura pas lieu. Les budgets diminuent. La violence des jeunes est en hausse dans l'hôpital. Le corps médical manque d'idées et parfois de moyens. Fuite devant l'adversité. Dans ce contexte, tout vrai débat sur la schizophrénie est faussé. Les psychiatres gardent le monopole des discours officiels et contrôlent activement la production d'idées sur le sujet. L'existence d'autres formes de réalité et d'une morbidité extérieure à la personne est systématiquement occultée."

Le lien vers les édition Baudelaire, si vous voulez le commander, [ ICI ]

 

dimanche 4 mai 2014

« Au fond, je suis nul ! »

Les personnes (dont je pense faire partie) qui s'auto-dévalorisent en permanence souffrent de carence narcissique.

Le narcissisme, dont on parle beaucoup, a souvent mauvaise presse. On évoque, et parfois de façon abusive, le pervers narcissique, qui considère l’autre comme un objet manipulable au gré de son bon vouloir et qui va le soumettre dans une évidente jouissance. De celui ou de celle qui ne va faire que tourner autour de son nombril, parler de sa petite personne, qu’il trouve d’ailleurs très grande, on dira qu’il est d’un narcissisme exaspérant. Dans notre vocabulaire courant, la connotation péjorative est évidente. Elle est associée au mythe du même nom,  Narcisse, si fasciné par son reflet dans l’eau qu’il ne s’intéresse à rien ni à personne et finit par s’y perdre.


Et pourtant, si l’excès de narcissisme verse du côté de la pathologie, une dose suffisante d’amour de soi est indispensable pour affronter les autres et le monde extérieur en général, sans s’effondrer à la moindre épreuve, baisser les bras devant les difficultés ou avancer mais dans le doute et la crainte.

Cet amour de soi se construit dans l’enfance.  Ce sont les parents qui aident l’enfant à construire, tout au long de son développement, une image de lui suffisamment bonne et qui vont lui permettre de se reconnaître une certaine valeur.

Dans la toute petite enfance, le nourrisson doit pouvoir ressentir à travers les soins qui lui sont prodigués et dont il ne peut se passer, qu’il est aimé par ses parents, que sa présence les réjouit. Une mère qui serait déprimée par exemple, va sans doute assurer les soins nécessaires, mais sa tristesse et son angoisse vont l’empêcher d’y prendre un vrai plaisir, et cela va « manquer » à l’enfant qui le ressentira.
Plus grand l’enfant se sentira « valeureux », si on lui accorde un temps suffisant, une place, non pas exclusive et surdimensionnée, mais néanmoins réelle, celle d'une personne à part entière.

Les enfants qui ont une bonne image d’eux-mêmes, sont des enfants qui sont regardés pour ce qu’ils sont et non pas pour ce que l’on voudrait qu’ils soient. 
Pas si facile ! Surtout à une époque où le culte de la performance est si fort.



Difficile de se sentir de la valeur quand on est face à 
des parents qui ne s’en sentent aucune !

mercredi 9 avril 2014

Réduction du traitement et prise de conscience

     


Voilà plus d'un trimestre que je n'ai posté ici. La raison en est simple : depuis le début de l’année, j'ai entrepris une réduction progressive du traitement. visant son arrêt à terme. Et je me concentre sur ce point.
Depuis quelques temps déjà, je suis bien entouré et il m'a fallu tout un travail pour que mes soignants et mon entourage me suive dans cette démarche d’arrêt du traitement. 
Pour la plupart d'entre eux, le statu-quo obtenu depuis ces dernières années semblait satisfaisant et suffisant puisqu'il me permettait de mener une vie très correcte. 
C'est vrai que vu comme ça, je donnais le change et que rien ne laissait plus soupçonner une quelconque pathologie psychiatrique. Bonne insertion sociale, professionnelle et familiale sont des choses auxquelles je travaille depuis des années et que, visiblement, j'ai réussis. 
Cependant, je voulais aller plus loin et m’affranchir totalement de la psychiatrie et surtout de la pharmacopée ; Rude tâche mais aussi beau challenge !
Pour moi ce retour à une vie sans médicament est important. 
Si depuis 30 ans, j’ai tissé mon existence autour de la schizophrénie, je ne pouvais concevoir la fin de ma vie avec elle et surtout avec les médicaments. Mon chemin, par les rencontres, par l’expérimentation de diverses techniques de soins parallèles m’a donné l’espoir que cela était possible.
Je suis peut-être dans l’erreur et ça c’est l’avenir qui le dira. 
Puisse que j’ai eu son aval, j’entreprends donc avec mon psychiatre savoyard, le Dr Séchier, un programme établi par lui très très progressif de réduction de l’Abilify.
Depuis début janvier, tout doucement et par palier de 2 mois, j’ai réduit les doses par 3, et, au lieu des 5mg/jour, aujourd'hui, je ne prends plus que 5mg tous les 3 jours.

Je vous tiendrai au courant de la suite des événements mais 


jusqu’ici tout va bien. 




lundi 13 janvier 2014

L’égocentrisme sous l'éclairage bouddhiste



« Quand nous pensons continuellement “moi ! moi ! moi !” et ne parlons que de nous-mêmes, nous réduisons considérablement la dimension du monde que nous voulons nôtre, et les événements qui se produisent dans la sphère étroite de cet égoïsme nous affectent profondément et troublent à coup sûr notre paix intérieure. La situation est très différente quand nous nous sentons en premier lieu concernés par les autres, quand nous pensons que ces derniers sont si nombreux que nos préoccupations personnelles, en comparaison, sont négligeables.
Si, de plus, notre désir est de résoudre leur souffrance, celle-ci, loin de nous décourager, ne fait que renforcer notre courage et notre détermination, à l'inverse de l’apitoiement sur soi qui nous déprime et sape notre courage ».


Enseignements oraux donnés à Schvenedingen en Allemagne, 1998. 
FOURTEENTH DALAI LAMA, TENZIN GYATSO (b. 1936)

jeudi 2 janvier 2014

2014

Il se peut bien que 2014 soit une putain d'année.
Non pas parce que la crise systémique de l'économie va encore s'amplifier mais parce que 2014 marquera, pour moi, l'arrêt des neuroleptiques.

Ceci n'est pas une résolution.
Les résolutions nous focalisent sur nos défauts et nous empêchent le passage à l'acte, celui du changement. Les résolutions nous enkystent dans ce que nous voulons justement modifier.

Quand j'avais 21 ans, il y a 30 ans, les psychiatres m'ont étiqueté schizophrène. J'ai vécu avec cette stigmatisation si longtemps qu'aujourd'hui, j'ai l'impression d'avoir toujours été un malade mental. Pourtant, quand je dresse le bilan provisoire de ma vie, je m’aperçois que je l'ai menée de main de maître. Les seuls cotés obscures de mon existence sont justement liés à ce diagnostique sans appel.
Que je sois schizophrène, ou pas ... finalement : quelle importance ?

Cette vie, c'est la mienne. Je n'ai finalement que trop laissé des tiers décider ce qui était bon, ou pas, pour moi. C'est dans la peur de la "rechute" que ma vie a été organisée. Ma maladie est celle de la crainte, celle de l'hypothèse défavorable. Et ça, c'est assez stupide. Je ne peux plus vivre dans la peur de ....
Parce que justement, j'ai encore plein de choses à faire (avec les enfants notamment), je ne peux, ne veux plus me laisser diriger par cette théorie de la peur.
Les "gardes fous" que sont les médicaments et la psychiatrie (par définition) sont devenus la plus contraignante des prisons.

Cette année, je fais péter les barreaux, je m'évade de ce carcan, les chaines sont trop lourdes.

Tant pis si c'est une connerie ... au moins j'aurai essayé.



#J'aime2014
 #Ilove2014

lundi 4 février 2013

OPTIMISME neuro-physiologique

Trop longtemps j'ai considéré mon cerveau comme une machine déréglée. Demain, cette atypicité sera une force.





Déjà, je m'aperçois que le système cérébrale est évolutif et même assez malléable, modifiable.  Je suis en upgrad permanent, à tripoter les réglages dans tous les sens. Réglages de ma manière de pensée ...

Je cherche à les optimiser pour trouver  la position " OPTIMISME "

dimanche 20 janvier 2013

Tout n'est pas si mal :


Dimanche matin, tout le reste de la famille dort encore.
Dehors, il fait froid en cette mi-janvier.  
Je suis sur la table basse du salon avec mon ordinateur, le cul sur le canapé en cuir.
Le jour pointera le bout de son nez d’ici peu … les enfants aussi.

En ce début 2013, je me dis que tout n’est finalement pas si mal.

La vie n’est plus la garce qu’elle a souvent été. Malgré la maladie, malgré la crise économique, j’ai réussi à fonder une famille avec la femme  de ma vie et à faire vivre ce petit monde dans un certain confort.
Je crois que je peux être fier de cela.

Tout n’est pas si mal, même si, bien sûr, il y a encore les neuroleptiques  (Aujourd’hui 5 mg d’Abilify / jour) et la prise de poids qu’ils entrainent.

Cette année, il me faudra faire des choses; retrouver un certain dynamisme, sortir enfin de cette aboulie*, ce manque d'énergie et d'initiative.

C’est ma résolution, la seule, pour 2013.


Je sais que c’est possible puisque cela a partiellement et provisoirement marché en 2011 (Régime + séjour à Rocheplane). Je sais aussi qu’il y a, chez le schizophrène, un  manque de persistance ou d’intérêt pour commencer ou achever des tâches routinières (ou de plus longue haleine).  C’est maintenant et justement là que sera ma prochaine bataille contre la maladie.

Depuis 2010, je me suis réapproprié un système de planification des tâches, d’abord par l’utilisation de carnets agendas puis, depuis moins d’un an, grâce à l’utilisation de l’agenda informatisé et synchronisé  « Google calendar ».

Je vais travailler cette année sur l’initiation et le maintien de l'activité. Je compte me faire aider, pour cette motivation à l'action,  par un médecin cognitiviste de ma connaissance.

Non, tout n’est pas si mal : J’aurai 50 ans dans 3 jours et me sens encore jeune, avec plein de choses à faire et d’autres à découvrir. 


(*) L’aboulie (du grec ἀϐουλία / aboulía, composé du préfixe privatif ἀ- (a-) et de βουλή « volonté ») est un symptôme psychiatrique qui se traduit par une incapacité à exécuter les actes pourtant planifiés, et une grande difficulté à prendre des décisions.
L'aboulie est un symptôme proche de l’apragmatisme ; dans l'apragmatisme, il n'y a pas de planification, ni d'intention d'agir, contrairement à ce qui est constaté chez les patients présentant une aboulie.
L'aboulie traduit la diminution, l'insuffisance voire la disparition de la volonté et le sujet éprouve des difficultés à mettre en œuvre toute action. Malgré le ralentissement de son activité, la fonction intellectuelle n'est pas atteinte. Par contre, l'inhibition qui caractérise cette "maladie" diminue la dimension affective de la personnalité, qui garde cependant toute sa lucidité.
C'est un symptôme retrouvé dans le syndrome frontal et différentes pathologies psychiatriques ou neuropsychiatriques thymiques : épisode dépressif majeurdysthymieschizophrénie(symptôme négatif), trouble de l'adaptation de type dépressif essentiellement, dans des pathologies auto-immunes comme la narcolepsie, mais également dans des syndromes dont l'existence en tant qu'entité est encore en discussion : syndrome de fatigue chroniquesyndrome d'épuisement professionnel.

dimanche 4 mars 2012

La schizophrénie : Quelques chiffres



En 2011, la schizophrénie  touchait 24 millions de personnes à travers le monde. Chaque année, une personne sur 10 000, âgée de 12 à 60 ans, développe cette pathologie.
En France, 500 000 personnes sont concernées et 300 000 sont prises en charge, ce qui en fait un des troubles psychiatriques les plus importants de l'hexagone.
Le pic de déclaration de la maladie se situe entre 20 et 28 ans chez l’homme et entre 26 et 32 ans chez la femme

L'évolution dépend de la forme clinique, la qualité de la prise en charge, la qualité de l'entourage et la rapidité du traitement. Après une prise en charge correcte, il y a plus de 50% de guérisons sociales avec stabilisation clinique.
Le terme français de « réadaptation » désigne le processus d'entraînement d'habiletés pour que la personne souffrant d'une maladie mentale collabore à des méthodes d'apprentissage en vue de développer ses capacités, assumer ses responsabilités dans la vie et fonctionner de façon aussi active et autonome que possible dans la société. La stabilisation clinique avec suspension des symptômes s'accompagne parfois de séquelles dépressives ou pseudo névrotiques, c'est la cicatrisation pseudo-névrotique de la schizophrénie.

La guérison authentique et définitive est rare.

Depuis ma première bouffée délirante en 1985, je n’ai eu de cesse de me battre contre la maladie (pas le choix).


mardi 20 décembre 2011

Laissons le Dragon dans les oubliettes.

Je me demande si ce que j’attribue souvent trop facilement à la schizophrénie n’est pas en fait le lot de tout un chacun. Il n’y a pas que pour moi que les relations humaines sont difficiles. Je sais depuis le début qu'il ne faut pas que je me présente en disant : «  Je suis schizophrène ». C’est trop négatif et stigmatisant et aussi, une trop belle excuse pour ne pas bouger ma carcasse.

A Rocheplane,  la psychologue du service avait comparé ma maladie à un Dragon.
Aujourd’hui, le monstre est enchaîné dans les douves du château.
Oublions-le là maintenant qu'il est dompté et vivons le présent … tout simplement. 

Fuck la Life ! Elle passe déjà bien trop vite !

J’avais, quand j’étais jeune, un coté "frontal" et je voulais changer le monde.

Mais ce n'est pas la société qui s'adapte à l'individu, il ma fallu  des années pour le comprendre mais juste le contraire. Je l'ai appris à mes dépends. 

Aujourd'hui, je louvoie entre les obstacles, au jour le jour. Et finalement, j'avance bien plus vite qu'à l'époque. Changer le monde est impossible et cela n'a pas d'intérêt.

Il est préférable de bien analyser cette société pour en tirer un profit maximum, même si, la crise aidant, il n'y a plus beaucoup à gratter ! 

vendredi 4 novembre 2011

Ne pas se laisser aller #RBNP3

J'exprime dans cette vidéo, quelques principes que j'applique quotidiennement  contre la sinistrose ambiante et surtout contre la maladie.


schizo morning par Schizophrenia20six

L'évolution de la maladie et l'état actuelle de notre société vont de pair.
Pourtant, dans ce monde en crise, j'ai choisi de ne pas me laisser aller ...

Je reste désespérément optimiste, même si je sais, qu'à tout moment, le ciel risque bien de nous tomber sur la gueule

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lundi 17 octobre 2011

Le circuit de la récompense vu sous l'angle dopaminique


On sait que la schizophrénie est liée à une dérégulation de la dopamine dans le cerveau.
Il apparaît dans cette vidéo les risques de maladie psychotique liés à la prise de stupéfiants et autres substances stimulantes.


vendredi 20 mai 2011

Schizophrénie: "Dopamine & Etrangeté"



Le circuit de la récompense :
Toujours dans le but de comprendre la schizophrénie qui m'a touché à l'age de 21 ans et le processus du dérèglement dopaminique lié à cette pathologie.

vendredi 29 avril 2011

La schizophrénie et les troubles bipolaires



La schizophrénie et les troubles bipolaires, Ridha Joober, M.D., Ph.D. (questions/réponses)

Le Douglas est un institut situé à Montréal (Canada), affilié à l'Université McGill, qui soigne les personnes souffrant de maladies mentales et leur offre espoir et guérison. Ses équipes de spécialistes et chercheurs font constamment évoluer les connaissances scientifiques, les intègrent aux soins offerts à leurs patients et les partagent avec la communauté pour la sensibiliser et éliminer les préjugés entourant la maladie mentale.

mercredi 16 mars 2011

Amaigrissement : Permission

Discussion avec une jolie infirmière brune et le Dr Perrin. Nous évoquons mon état de santé physique, pas mauvais du tout. 
Le moral, lui par contre laisse à désirer, principalement à cause de cette patiente dont l'état mental se dégrade de jour en jour et qui (me) pose de réels problèmes (et à l'ensemble du service nutrition-addictologie).
Nous évoquons aussi les problèmes du nucléaire japonais et l'angoisse que cela provoque chez moi, mais aussi sur mes deux interlocutrices.
Le medecin m'autorise une permission de 14:30 à 18:30 en me demandant de réfléchir et de choisir entre la poursuite de la cure ou son arrêt.

Je passe donc ce mercredi après-midi à la maison avec ma petite famille.



Ça fait du bien !!!

Mais, finalement, à 18 heures,  je rentre à  Rocheplane le soleil dans la tête et le sourire aux lèvres. 

samedi 12 mars 2011

La maman du schizophrène (première partie)

J’avais expliqué, ce mardi, la grande introspection personnelle entamée depuis mon hospitalisation au centre de Rocheplane, ce grand manque affectif que je ressentais jeune adulte et finalement la schizophrénie qui s’en est suivie.

J’en avais bien sur identifié quelques causes externes comme notre déménagement en Savoie à St Jean de Maurienne à l’âge de 9 ans, en 1972, qui fut pour moi une grande souffrance psychologique, la deuxième, en intensité, dans ma vie, après la mort de papa (qui surviendra beaucoup plus tard, heureusement).

Un père absent ou semblant l’être (ce qui revient finalement pratiquement au même) et une mère hyper protectrice sont la deuxième cause identifiée.

D’aussi loin que je m’en souvienne, ma mère m’a toujours présenté le monde extérieur au cocon familial comme dangereux, voir toxique.

Mes parents n’ont jamais valorisé ni félicité leurs enfants quand ces derniers réussissaient quelque chose dans la vie. Cela était "la moindre des choses".
Ma mère tellement handicapée des sentiments  (certainement parce que son père est décédé lorsqu’elle avait 6 ans) ne nous a jamais manifesté le moindre encouragement autrement que par  le biais matériel (ce qui était facile étant donné le travail acharné de papa qui l’éloignait souvent de la maison).

Elle régnait sur son petit monde en gentil despote nous évitant toute tache liée aux contraintes extérieures ……..


 A suivre.

mercredi 9 mars 2011

« Analyse » et « Amaigrissement » :

Je sais aujourd’hui que je ne réglerai ce problème de poids que par une immense introspection personnelle.

Hier matin, un atelier psychologique m’a fait remettre le doigt où ça fait mal.


Le sur-poids ne m’apparait plus forcement comme  les conséquences de la prise de médicaments pour lutter contre la schizophrénie mais comme  l’expression d’un malaise plus profond et certainement  postérieur aux épisodes délirants.


Analyser les états compulsifs qui m’ont toujours caractérisé, en trouver leurs causes dans mon enfance et le moyen d’y remédier, même s’il est cognitif ou comportemental, ne sera pas facile mais c’est fondamental pour ma cicatrisation et, du même coup, ma perte de poids.

Le médecin et la psychologue m’avaient expliqué dès le premier jour de mon hospitalisation, qu’au centre de Rocheplane, la relaxation qu’on y pratique, parce qu’elle est basée sur l’hypnose et qu’elle  peut induire des rechutes psychotiques, m’était interdite.

Il me faut donc trouver d’autres ressources.



samedi 5 mars 2011

Weekend à Rocheplane

Nous sommes samedi matin à Rocheplane. Repos de 2 jours. Les enfants et Bilbo ne viendront  pas ce weekend  car ils sont montés, hier soir, chez mes beaux-parents pour une semaine de ski bien méritée.
Ça risque d’être un peu long mais  contrairement à d’autres hospitalisations, j’ai ici mon netbook avec une bonne connexion Wifi, de la musique et surtout un moral d’enfer (!!!).
En plus, il fait grand beau et le jardin de l’hôpital, bien qu’au milieu des cités nouvelles de Saint Martin d’Hères, n’est pas désagréable avec ses petits bancs et ses allées bétonnées.

Il fut un temps, pas si lointain, où le centre de Rocheplane (ancien sanatorium), se situait en montagne, sur le plateau des Petites Roches, contrefort du massif de la Chartreuse.


 Il a été réinstallé dans l’agglomération  grenobloise en 2008. Du coup, il est très moderne et bien plus facile d’accès. J’ai trouvé un site qui fait référence à cette époque.
Mon beau-père avait été hospitalisé là-haut,  suite à une grosse opération cardiaque, il y a une dizaine d’années, mais je n'y suis jamais monté.

mercredi 2 mars 2011

Courbatures et Fringale matinales !!!!

Après une première journée de sport  (aquagym, 30 minutes de vélo), atelier psychologique et réunion d’éducation nutritionnelle, je croyais que j’allais dormir comme un bébé.

Tu parles !

J'ai eu du mal à trouver le sommeil (endormi vers minuit et demi) et réveillé à cinq heures moins dix.

Courbatures et Fringale !!!!

Alors, j"écoute Gainsbourg ... 20 ans déjà !


lundi 28 février 2011

Amaigrissement : 1er jour


Nous sommes arrivés un peu avant 14 heures à l'hôpital de Rocheplane, avec Bilbo.

Le passage au bureau des entrées a été rapide. Puis, ce fut l’accueil dans le service (sympathique et presque un peu trop maternant) par une infirmière du service. J'ai la chance d'avoir une chambre seul, dès mon admission. 

Premier interview, règlement intérieur, planning des réjouissances   et visite de l'hôpital avec cette même infirmière (balnéo, piscine, salle de sport, de gym, cafétéria, salle de soins, kiné, atelier de peinture .... etc. etc.). C'est chouette ! 

Mot de passe pour le wifi, branchement du téléphone (comme je ne la regarde jamais, je n'ai pas pris la télé).

Départ de Bilbo … un peu dur pour moi. Mais dans la foulée, discussion de plus d’une heure avec le médecin qui me suivra ici, Madame PERRIN. 
Premier contact très agréable. On verra par la suite …

Il est déjà 16 :30.

Cloppe ….

Petite balade dans le jardin.

L’endroit est plutôt classieux et moderne.
Des citées neuves tout autour. 

J’essaie le Wifi : pas trop de problème, sauf pour mon site fétiche, phreadz (et merde !)

Discussion avec mes beaux-parents puis mon beau-frère, Vincent, via Skype.

Puis avec Bilbo et les enfants.. C’est bon la technologie !

Repas avec les autres patients (plutôt accueillants).
Soirée tranquille à bidouiller ce blog.



Au mur de ma chambre, cette phrase : 
"Le monde soupire vers moi dans un rythme, long, et m'apporte l'indifférence et la tranquillité de ce qui ne meurt pas." (Albert Camus, L'envers et L'Endroit - Entre oui et non)


Il est 22: 56 et je file fumer une tige sur la terrasse du service.



vendredi 25 février 2011

Schizophrénie: "Cicatrisation" & "amaigrissement"

Quand je suis tombé malade pour la première fois en 1985, je pesais 72 kilos.

Pendant plus de 25 ans, les neuroleptiques, qui, certes, m’ont permis de m’en sortir, m’ont aussi fait prendre du poids (plus de 40 kg). Une certaine sédentarisation et nonchalance, liés à ce traitement médicamenteux et inhérente à la maladie elle-même, y sont aussi pour quelque chose.
Sur le chemin de la « cicatrisation » du syndrome psychotique, le sur-poids était la prochaine chose à régler.

J’ai, plusieurs fois, entrepris des régimes, de manière empirique, souvent, et plus récemment (2009) avec Weight Watchers.

J’ai eu des résultats puisque je suis arrivé à redescendre à 102 Kg  avec cette dernière méthode. Mais un sentiment de frustration et quelques problèmes d’ordre familial ont eu raison de cet amaigrissement.

En octobre dernier, une endocrinologue m’a parlé d’un programme de remise en forme dans le cadre de l’’hopital de Rocheplane à St Martin d’Hères (pas loin de la maison).
Nous y avons donc fait une demande de prise en charge et elle a été acceptée.

Je rentre donc lundi prochain, le 28 février, dans le service du Dr PERRIN pour un séjour de 6 semaines.


Bientôt vous ne toucherez plus le ventre du petit Bouddha !
( Twitter : #rbnp3 )


dimanche 6 février 2011

La Stratégie du choc de Naomi Klein ( Bande Annonce ) :



De l'utilisation des techniques de la psychiatrie 
à une société toute entière,
le film dans sa version intégrale est (ici)





***

dimanche 12 décembre 2010

Censure de la loi sur l'hospitalisation forcée :



Pour le Conseil constitutionnel, maintenir une personne hospitalisée sans son consentement pendant plus de 15 jours est anticonstitutionnel. A l'avenir, cette hospitalisation sous contrainte ne pourra être prolongée sans l'intervention d'un juge.

mercredi 3 mars 2010

Pour en finir avec la schizophobie

En décembre 2004 à l'hôpital psychiatrique de Pau, deux infirmières étaient assassinées de façon spectaculaire par un ancien patient. Cet événement, hautement médiatisé, fit réagir le gouvernement, qui commanda deux rapports et lança, en février 2005, un nouveau plan santé mentale. Le budget 2005-2008 alla donc pour une grande partie dans la construction de "murs". Un non-sens puisque 68 % du suivi psychiatrique est réalisé hors de l'hôpital. Paradoxalement, la grande majorité du personnel des services de psychiatrie publics travaille au sein d'un hôpital, et non pas dans la cité, où vivent pourtant les patients. Les faits divers et la réaction de certains politiques renforcent les stéréotypes existants dans la population, qui lient meurtre et maladie mentale. Ainsi, une récente enquête du centre collaborateur OMS de Lille, réalisée sur plus de 40 000 Français, montre les amalgames forts qui existent dans les représentations sociales des Français entre meurtre, inceste, violence et folie et maladie mentale. Avec toutes les conséquences que cela a sur l'image de la psychiatrie. Des amalgames qu'il faut dénoncer car, en réalité, environ 95 % des meurtres sont commis par des personnes n'ayant aucune pathologie mentale ! 
 En 2005, le rapport "Santé, justice et dangerosités", proposait comme mesure nouvelle l'enfermement des détenus présentant des troubles de la personnalité et reconnus comme "encore dangereux", une fois leur peine de prison réalisée, dans des "centres fermés de protection sociale", de façon renouvelable tous les ans, et donc possiblement jusqu'à la mort. Cette proposition va bientôt être appliquée par le gouvernement. 
Un rapport publié en mars 2005 sous la direction de l'anthropologue Anne Lovell soulignait pourtant : "Le risque attribuable aux personnes malades mentales (...) est faible, les taux estimés sont encore bien moindres si l'on décompte les troubles liés à l'alcool." 
 Les données scientifiques mettent en évidence la vulnérabilité d'une personne atteinte de schizophrénie, bien plus souvent victime d'agressions, de vols et de viols qu'une personne non malade. La prévalence des crimes violents envers les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante qu'en population générale. La prévalence des vols sur personnes est quant à elle 140 fois plus élevée. 40 % des personnes sans abri présentant une schizophrénie se sont fait agresser au cours des six derniers mois. Le risque pour une femme sans abri atteinte de schizophrénie d'être victime d'agression physique et de viol est tellement important que les chercheurs parlent d'expérience normative. 
Ces violences dont sont victimes les sans-abri présentant une schizophrénie sont liées à leur grande vulnérabilité et à la stigmatisation de leur pathologie. Cette stigmatisation, entretenue par les médias, favorise le repli, l'isolement, le sentiment d'infériorité et conséquemment les suicides, très nombreux. La première des urgences en France est de développer le travail d'équipes mobiles de psychiatrie et de donner un logement et des possibilités de réinsertion aux sans-abri. 
 Il est significatif que la question de la maladie mentale soit abordée par la presse et les politiques à l'occasion d'un meurtre. La réaction du sénateur Demuynck, qui propose des mesures vigoureuses de placement, rappelle celle de M. Douste-Blazy, qui proposait plus de lits d'hospitalisation. Il existe aujourd'hui entre 300 000 et 500 000 personnes atteintes de schizophrénie en France qui n'ont jamais commis de meurtre. Elles ont des droits, notamment celui d'être protégées par le gouvernement des discriminations et des violences physiques et psychologiques dont elles sont victimes au quotidien. 
Aujourd'hui le problème principal rencontré par ces personnes est celui de la stigmatisation et de l'exclusion. Elles demandent à être considérées comme tous les autres citoyens dans la cité. Nombre de personnes diagnostiquées avec une schizophrénie disposent d'un appartement, travaillent, payent des impôts, ont des activités sociales riches, fondent même des familles. 
 L'amalgame fait par le grand public, les médias et les politiques entre maladie mentale et violence doit cesser, car il est une violence de plus faite aux personnes malades. Cette idée reçue génère des peurs, des réactions de rejet qui entraînent de graves conséquences sur leur santé et sur leur vie. Cette "schizophobie", comme la xénophobie et l'homophobie, doit être combattue. Une nouvelle loi de santé publique doit être votée, une loi qui aurait pour objectif de protéger les personnes concernées par la maladie mentale. Ce sont elles les premières victimes.